Congé supplémentaire de naissance 2026 : ce que ça change pour les mamans salariées
Tu viens d’accoucher, ou tu es enceinte et tu commences déjà à compter les semaines avant la reprise. Bonne nouvelle : le congé supplémentaire de naissance existe désormais, et il peut t’offrir un ou deux mois de plus auprès de ton bébé, indemnisés.
Le congé supplémentaire de naissance est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Peu de mamans le connaissent encore, et c’est bien normal : c’est tout nouveau, encore un peu technique, et noyé dans le jargon administratif habituel. Alors on démêle tout ça ensemble, simplement.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance (CSN) est un droit créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il ne remplace rien : il s’ajoute à ton congé maternité, paternité ou d’adoption, une fois que celui-ci est terminé.
Concrètement, ça veut dire que tu peux prolonger ta coupure avec ton bébé d’un ou deux mois supplémentaires, indemnisés par l’Assurance Maladie, sans que ton employeur puisse te le refuser. Précision importante : pour en bénéficier, tu dois en principe avoir pris intégralement ton congé maternité, paternité ou d’adoption avant de démarrer le CSN. Une dérogation existe si tu n’as pas pu bénéficier de ce premier congé faute de remplir les conditions d’indemnisation.
Qui peut bénéficier du congé de naissance supplémentaire ?
Ce congé peut bénéficier à chacun des parents et, selon la situation familiale, au conjoint, partenaire de Pacs ou concubin de la mère. Il concerne également les parents adoptants. Il s’adresse aux parents d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026 — cela inclut aussi un enfant né prématurément avant cette date, si sa naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026. Une précision importante si ton enfant est déjà né entre janvier et fin juin 2026 : tu n’as pas raté le coche. Tu peux encore mobiliser ce congé jusqu’au 31 mars 2027, chaque période devant débuter avant le 1er avril 2027.
Pour les enfants nés à partir du 1er juillet 2026, la règle change légèrement : le congé — et chaque période en cas de fractionnement — doit être commencé dans les 9 mois suivant la naissance, ou l’arrivée de l’enfant au foyer. Ce délai peut être prolongé lorsque le congé maternité, paternité ou d’adoption a lui-même été allongé, notamment en cas de naissance multiple, ou lorsqu’un congé conventionnel prolonge la période suivant la naissance.
Condition d’accès : justifier de 6 mois d’affiliation à la Sécurité sociale au moment où débute le congé. Ce n’est pas la seule condition : tu dois aussi avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois civils (ou 90 jours) qui précèdent, ou avoir cotisé pendant les six mois précédents sur une rémunération atteignant le seuil légal correspondant à 1 015 fois le Smic horaire. Aucune ancienneté minimale dans l’entreprise n’est requise pour bénéficier du congé, même si tu as changé d’employeur depuis ton congé maternité, paternité ou d’adoption.
Combien de temps, et comment le prendre ?
Chaque parent peut bénéficier d’1 ou 2 mois de congé. Vous pouvez le prendre en même temps que l’autre parent, ou en alternance — à vous de voir ce qui correspond le mieux à votre organisation familiale.
Autre point pratique : le congé est fractionnable en deux périodes d’un mois. En revanche, impossible de le découper en périodes plus courtes — pas de semaines isolées, par exemple.
Quelle indemnisation pour ce congé de naissance ?

C’est la question qui compte le plus, on ne va pas se mentir. Pour une salariée, l’indemnisation correspond à 70% du salaire net antérieur pendant le premier mois, puis à 60% pendant le second mois. Le calcul est réalisé à partir des trois dernières paies des mois civils précédant l’interruption de travail, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Le montant exact peut varier selon la rémunération et les prélèvements applicables.
- Le premier mois, le taux appliqué est de 70%
- Le second mois (si tu prends les deux), le taux passe à 60%
Par conséquent, c’est une baisse à anticiper si tu comptes prendre les deux mois complets — mieux vaut donc faire le calcul avec ton budget familial avant de te décider. Ton employeur n’a aucune obligation légale de compléter cette indemnité, sauf disposition conventionnelle plus favorable dans ton entreprise — un point à vérifier auprès de ton service RH.
Comment prévenir ton employeur ?
Bonne nouvelle par ailleurs : ton employeur n’a pas besoin de donner son accord. Comme pour le congé paternité, c’est un droit, pas une demande à négocier. Tu dois toutefois respecter un délai de prévenance :
- 1 mois avant le début du congé, dans le cas général
- 15 jours avant, si le congé est pris immédiatement après le congé paternité et d’accueil de l’enfant (ou, dans certaines situations, après un congé d’adoption partagé)
Le délai réduit à 15 jours ne s’applique donc pas de manière généralisée à la fin d’un congé maternité classique — mieux vaut vérifier ta situation précise avec ton employeur ou ta CPAM. L’information à l’employeur doit indiquer la date de début, la durée et l’éventuel fractionnement, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre récépissé.
Ce congé peut-il se cumuler avec d’autres dispositifs ?
L’indemnisation du CSN ne peut pas être cumulée, sur une même période, avec la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant) ni avec plusieurs autres indemnités ou allocations de remplacement (indemnités maladie, maternité, accident du travail, chômage, AJPP, AJPA, ou complément de libre choix du mode de garde au titre du même enfant). Si tu perçois déjà une aide, vérifie ta situation auprès de ta CPAM ou de ta CAF. En revanche, rien ne t’empêche d’enchaîner ces dispositifs dans le temps, l’un après l’autre.
Pourquoi ce congé supplémentaire de naissance change vraiment la donne
Dans mon article sur les vérités de la reprise du travail après bébé, je parlais de cette fatigue émotionnelle que personne ne t’a préparée à vivre. Cette impression de reprendre le travail alors que ton corps et ta tête ne sont pas vraiment prêts, beaucoup de mamans la connaissent. Ce nouveau congé ne résout pas tout, mais il t’offre une vraie marge de manœuvre supplémentaire, là où beaucoup se sentaient jusqu’ici obligées de reprendre trop tôt, faute d’alternative.
D’ailleurs, cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, et de favoriser le partage des responsabilités parentales dès l’arrivée de l’enfant. Elle reconnaît enfin que la période post-naissance mérite plus de temps et de soutien qu’un simple congé maternité classique.
Ce qu’il faut retenir sur le congé supplémentaire de naissance
- Le CSN s’ajoute à ton congé maternité/paternité/adoption (normalement pris intégralement au préalable), il ne le remplace pas
- 1 à 2 mois indemnisés, pris par un ou les deux parents, simultanément ou en alternance
- Concerne les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026
- Prévenance de ton employeur : 1 mois avant (ou 15 jours dans certains cas précis)
- Indemnisation dégressive : 70% du salaire net antérieur le premier mois, 60% le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale
Si tu es concernée, n’hésite pas à te rapprocher de ton service RH ou de ta CPAM pour valider ta situation précise — chaque parcours (type de congé précédent, date de naissance de l’enfant) peut légèrement changer les délais applicables. Tu retrouveras aussi la fiche officielle et à jour du dispositif sur service-public.gouv.fr.