La rivalité entre femmes au travail reste un sujet souvent tabou, mais profondément ancré dans notre société. Qui n’a jamais ressenti un malaise, une pointe de jalousie lorsqu’une consœur étale ses réussites ? Qui n’a pas entendu des critiques acerbes envers une collègue au coin café ? Ces dynamiques, parfois subtiles, parfois ouvertement hostiles, interrogent : pourquoi les femmes ont-elles la réputation d’être « pires entre elles » ?
D’où vient cette rivalité ?
1. Un héritage historique et social
Longtemps, les femmes ont dû rivaliser pour survivre dans un monde dominé par les hommes : trouver un mari pour obtenir une sécurité économique et matérielle, ne pas être un poids pour sa famille. Aujourd’hui, cette compétition persiste, mais a pris d’autres apparences. Dans certains secteurs, souvent où les femmes sont minoritaires, la pression pour légitimer sa place en tant que femme, peut transformer des collègues en rivales.
2. La peur de l’infériorité et la quête de reconnaissance
Pourquoi la réussite d’une autre femme peut-elle nous donner l’impression de perdre une part de notre propre valeur ? Cette réaction, souvent irrationnelle, révèle une insécurité profonde. Comme si, pour exister, nous avions besoin de rabaisser les autres.
À qui profite cette rivalité ?
- un système inégalitaire entre hommes et femmes
Ces comportements offrent des occasions parfaites aux entreprises pour toujours ralentir les promotions, augmentations, évolutions de carrière des femmes.
Pendant ce temps, les hommes, moins enclins à s’entredéchirer, progressent plus sereinement.
2. Des conséquences désastreuses
- Environnements toxiques : Des talents sont poussés vers la sortie, des équipes se disloquent.
- Auto-sabotage collectif : En critiquant une collègue, on renforce les stéréotypes qui nous desservent toutes.
- Démission forcée : Certaines doivent quitter leur poste pour échapper à ce malaise constant.
Et si on changeait notre point de vue ?
1. Prendre conscience de nos réflexes inconscients
Si l’on arrive à reconnaître les émotions de jalousie, mépris ou peur, envers une collègue, et ce qui les déclenche, nous avons déjà fait le premier pas.
Lorsque l’on s’apprête à apporter une critique, peut-être pourrions-nous essayer de se demander : « Est-ce que cette critique est constructive, ou juste une façon de me rassurer ? ».
2. Choisir la solidarité
- Arrêter les critiques en public : Préférer les retours constructifs, en face-à-face.
- Déconstruire les jugements : Éviter les remarques sur l’apparence, les choix personnels, ou les rumeurs.
- Se défendre mutuellement : Réagir face aux commentaires sexistes, surtout lorsqu’ils visent une autre femme.
3. Modifier les représentations
Les fictions (téléréalités, cinéma, séries…) se délectent de la mise en scène des crêpage de chignons. Et si on soulignait le problème d’un tel scénario ? Peut-être pourrions-nous intégrer que notre valeur ne dépend pas du regard des hommes, ni de notre capacité à écraser les autres.
Piste d’une solution : Un choix quotidien
La rivalité n’est pas une fatalité. Chaque jour, nous pouvons décider de :
- Célébrer les réussites des autres femmes, sans y voir une menace.
- Créer des alliances plutôt que des compétitions.
- Exiger des environnements où la coopération est valorisée.
Finalement, la vraie question n’est pas « Pourquoi les femmes se tirent-elles dans les pattes ? », mais « Qu’allons nous gagner si on décide de se soutenir ? » : plus de réussites professionnelles, de sérénité, et surtout, un sentiment d’être légitime à notre place, ensemble.